Les jugements positifs sur l'attractivité de la France ont progressé de dix points, indique le baromètre annuel publié par la chambre de commerce américaine en France.

Interrogés sur la manière dont leur maison mère perçoit la France par rapport aux autres pays pour réaliser des investissements, les dirigeants de filiales américaines en France ont gagné en optimisme malgré la (les) crise(s) : 56 % estiment que l'attractivité de la France est bonne, voire excellente.

Un gain de dix points en un an qu'a souligné Eric Boustouller, le président de la chambre de commerce américaine en France. Enquête réalisée fin 2011 par Bain & Company sur un échantillon de 59 dirigeants de filiales - des Américains mais aussi beaucoup de Français.

L'enquête a été réalisée avant les annonces des candidats à la présidentielle comme la taxation des revenus au-delà de 1 million d'euros à 75 % pour François Hollande ou l'impôt minimum sur les sociétés de Nicolas Sarkozy. Mais Eric Boustouller, par ailleurs président de Microsoft France, relativise : « les investisseurs et les dirigeants prennent de la hauteur. Nous faisons des investissements pour dix, cinquante ou cent ans, l'élection n'est pas un sujet pour nous, ou alors pour les discussions d'après-réunions. Quand on fait des investissements, on ne s'attarde pas sur des déclarations. »

La fiscalité des entreprises n'arrive d'ailleurs qu'en neuvième position parmi les critères influant les décisions d'investissement.

Fortement renforcé en 2008, le crédit d'impôt recherche, jugé par 70 % des sondés comme un facteur « clef » ou « important » pour attirer les investissements, fait son entrée dans le « Top five » des points forts de la France. En revanche, 84 % des sondés jugent que les efforts de réduction des dépenses publiques sont insuffisants.

Points forts : la qualité de vie, la situation géographique et la qualité des infrastructures

Parmi les points forts de la France comparée aux autres destinations possibles pour les investissements américains, la qualité de vie arrive en tête, avec la situation géographique et la qualité des infrastructures, suivies de la priorité donnée à la recherche et développement et à l'innovation, et de la qualification de la main-d'oeuvre. Ce dernier point fort est toutefois en léger recul.

La principale faiblesse, citée par 85 % des sondés, étant les procédures de licenciement. Le coût des licenciements et le coût de la main-d'oeuvre sont les deux autres faiblesses le plus fréquemment citées. La rupture conventionnelle, principale innovation des dernières années pour faciliter la gestion des effectifs, n'a donc pas convaincu ces publics.

Les deux tiers des sondés estiment que l'activité devrait au moins se stabiliser, voire progresser cette année et en 2013. La situation devrait s'améliorer un peu aussi en matière d'emploi.

Véronique Le Billon, Les Echos 8/3/2012

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